Rurutu · tour de l'île, grottes, villages
Retour à Rurutu — étape 3 sur 9
30 novembre 2010, tour de l'île en 4X4 par Yves de la pension Manotel, c'est un passionné de son île, Rurutu. Cette passion qu'il porte à son île d'adoption est immense, il suffit de l'entendre parler. Ses connaissances sur : l'histoire, la géologie, les grottes, les traditions, la botanique, la faune, les fonds marins etc... bref, il connaît mieux l'île que les Rurutu eux-mêmes.
Le tour de l'île se fera en deux étapes : une le matin et l'autre l'après-midi.
Il y aura 4 reportages sur cette journée riche en découvertes. J'ai beaucoup de photos et le tri a été difficile.
Ci-dessous, une carte de Rurutu pour vous donner une idée de notre parcours et des sites d'observation.
Il est 9h, le temps n'est pas au beau fixe, mais cela peut varier, nous nous sommes équipés de bonnes chaussures de marche et d'un vêtement de pluie.
Notre premier arrêt : la pointe Arei, observatoire à baleines, il y en a plusieurs autour de l'île. Rurutu, île réputée pour ses baleines à bosses qui viennent pour se reproduire de juillet à octobre. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui viennent à Rurutu pour observer les mégaptères. Cette année elles sont restées très longtemps, une avait été repérée quelques jours avant notre arrivée, mais bon ... on a bien regardé, même au loin, pas de baleine, elles ont quitté Rurutu pour rejoindre l'Antarctique.
De l'autre côté de la route la falaise Tutae rao et sa grotte Taneuapoto


Un peu de géologie contée par Yves puis il nous montre des coraux et coquillages incrustés dans la paroi de la falaise Tutae rao de la pointe Arei.

La végétation est omniprésente, comme les Pandanus (ci-dessus) mais aussi les Câpriers ! à notre grand étonnement car ils poussent plutôt sur les côtes méditerranéennes. Les falaises calcaires de Rurutu en sont couvertes, comme nous le dit Yves : « peut-être un jour une petite production à haute valeur ajoutée !! »

Le câprier, est un arbuste décoratif très connu, pouvant atteindre un peu plus d' 1 mètre de haut. Il présente un tronc court avec plusieurs rameaux (lianes) caractérisés par sa couleur verte. Les feuilles sont généralement de forme ovales à arrondies.
Les fleurs délicates, de rose pâle à blanc, rappellent celles du rosier sauvage. L’enchantement est éphémère: la floraison ne dure qu’une journée ...
La câpre (et oui c'est bien un nom féminin) conservée n' est que le bouton floral fermé cueilli avant l'ouverture de la fleur. ⇓
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⇓ Quand on laisse le câprier fleurir, il donne un fruit (cucunci) de forme oblongue au goût de câpre. ⇓
Câpres-fruits du câprier (clic) pour plus de détails.
Reprenons la route ...
La limite de Moerai (sud), c’est la pointe Arei et sa falaise Tutae rao. Une plateforme (photo n°1 et 3 du reportage) surplombant l’océan permet l’observation des baleines.
Le village de Moerai, au nord-est, est la « capitale » de l'île et le port principal face à la seule passe navigable.
Deux routes principales pour se rendre à Moerai, l'une, côté mer et l'autre, côté montagne. Le temple protestant est le centre du village, route côté montagne. Chaque jour, du vendredi au lundi, des offices sont célébrés. 80% de la population de Rurutu serait Protestante.
Le blanc n'est pas très blanc ! mais d'ici un mois, plus de trace noirâtre. Deux fois par an, pour le 1° janvier et les fêtes religieuses protestantes du « Me », les Rurutu repeignent à la chaux l’intégralité de leurs trois villages, depuis les murets jusqu’aux maisons et aux temples.
Rue principale, côté montagne


La supérette « Chez Marcel » : plats à emporter, pain, pâtisseries, légumes et fruits, cartes postales (un peu défraîchies!), appareils électroménagers, quelques produits de droguerie etc.

Pas très loin de « Chez Marcel », le tombeau du Roi


Il y a encore quelques années, les maisons étaient entièrement construites en chaux de corail. La chaux de corail était mélangée au sable de la plage pour en faire du ciment, tandis que les petits blocs de coraux servaient de parpaings.
Comme la chaux se comporte comme de l’éponge, dès qu’il pleuvait, les murs suintaient de partout. C’est pour cette raison que toutes les constructions avaient une petite cave, un vide sanitaire. Dès le premier rayon de soleil portes et fenêtres étaient ouvertes, permettant aux constructions de sécher rapidement.
⇓ Maison typique Rurutu.


Après le petit cimetière, proche du bord de mer, nous rejoignons la route côté mer.
⇑Deuxième plateforme d’observation des baleines située sur la limite Moerai (nord) et de Unaa
Quelques photos prises depuis la plate-forme.
⇓ La pointe Teraipo


La lave sculptée par les pluies et les embruns, a pris des formes extraordinaires

Dernière vue sur la montagne, côté Moerai

Nous quittons la route et prenons un petit chemin (face à l’aéroport) qui nous mène à une petite falaise percée de curieuses grottes. Tout à côté de la grotte, une petite plantation de Papayers.

La grotte Tupumai


Avec sa machette, Yves nous ouvre le passage, quelques Lantanas et hautes herbes passent sous la lame bien affûtée !
Les cavités ont été creusées par l’océan, il y a 120 000 ans, période interglaciaire, alors que le niveau de l’océan était supérieur à celui d’aujourd’hui d’une dizaine de mètres.
Coraux et coquillages de couleur vert et gris, tel est le décor de la petite grotte, le reflet de la couleur se mélange aux personnages, ma sœur est émerveillée.


Dans la partie supérieure, la cavité débouche sur l'arrière de la falaise

Après la grotte, rencontre avec les cochons. Le cochon en Rurutu, c’est Pua’a, il reste la principale viande, avec le poulet, consommée par les habitants de l’île.

Je ne mets pas longtemps à les prendre en photos, l'odeur n'est pas très agréable !
Un autre arrêt, pour admirer les lianes de Passiflore, cette magnifique fleur délicatement parfumée nous donnera la grenadille, un fruit de la passion.

